1A | Pour la promotion et le développement de la démocratie

Avec la pandémie de Covid-19, les démocraties libérales et représentatives ont connu une suspension des droits politiques sans précédent. Cet événement a démontré, s’il le fallait encore, la fragilité de nos systèmes politiques représentatifs… en temps de fortes instabilités ! Alors que nous nous dirigeons inéluctablement dans un monde en crise permanente, combien de temps allons-nous consentir à ce que le peuple soit soumis à des décisions arbitraires prises par une toute petite minorité qui ignore tout de nos vies, des énièmes états d’urgence avec presque aucune marge de manoeuvre citoyenne, de par le manque de planification et d’actions structurelles des autorités politiques en place ? Ou allons-nous saisir les opportunités qu’offrent, par exemple, la numérisation de nos sociétés, tout en mitigeant les risques de certaines expériences prématurées comme avec la mise en place du vote électronique ? Allons-nous réaliser qu’aussi en Suisse, l’augmentation progressive du taux d’abstention, notamment en ce qui concerne les élections communales et cantonales, est un signe inquiétant d’une démocratie à bout de souffle ? Aurons-nous l’ouverture d’esprit en s’inspirant des formes concrètes de démocraties alternatives qui émergent un peu partout dans le monde, et surtout le courage d’en expérimenter certaines en Suisse ?

Ce qui peut paraître paradoxal, c’est que dans la Constitution fédérale, l’État n’a pas pour mission de préserver, promouvoir ainsi que d’élargir le champ d’application et d’inclusion de notre démocratie représentative semi-directe. Pourtant et depuis ses origines, l’autonomie et la souveraineté populaire des cantons en font des laboratoires de la démocratie. Que ce soit Glaris avec le droit de vote à 16 ans ou à une autre époque le canton de Vaud avec le droit de vote des femmes. Souvent, ces expériences influencent et inspirent d’autres cantons, voire même les institutions fédérales. Peut-être est-il temps que la démocratie redevienne un sujet politique central. 

Le principe démocratique de la souveraineté populaire et de l’égalité politique exige toujours de nouvelles conquêtes sociales qui visent à favoriser la participation active du plus grand nombre en innovant et explorant d’autres processus collectifs de co-décision. Ce n’est pas les chantiers et expériences démocratiques qui manquent : éducation politique des jeunes, numérisation de certains processus comme la récolte de signatures en ligne (e-collecting) pour inclure plus facilement les les handicapé·es ou encore les Suisses de l’étranger ou encore de nouvelles formes de participation avec la budgétisation participative ou encore par le recours à des technologies civiques.

La démocratie n’est jamais acquise. Il faut s’y engager activement, la faire vivre, mais aussi la faire progresser sur tous les terrains et en tout temps. Par exemple, il serait possible d’inclure réellement et plus activement les jeunes, par des propositions comme une meilleure intégration du Parlement des jeunes ou par l'octroi du droit de vote à 16 ans. S’il n’est pas question de remettre en cause certains principes acquis de la démocratie libérale et représentative, sa promotion et son extension à d’autres formes de participation, locale ou régionale, par des assemblées délibératives ou citoyennes comme AG!SSONS le propose avec l’initiative populaire “Pour des Chambres Citoyennes législatives et représentatives” ou alors à d’autres secteurs tels que sur les lieux de formation, les entreprises ou encore les biens communs.

Argumentaire, en résumé : 

  • Expérimenter et implémenter de nouvelles formes démocratiques qui viendraient compléter notre démocratie libérale et représentative.
  • Lutter contre les conséquences négatives du délitement démocratique telles que l’abstention grandissante et la la gérontocratisation - pouvoir des personnes les plus âgées - de notre société.
  • Planifier les basculements et tensions politiques pour que les citoyennes et citoyens puissent, en tout temps et lieu, participer et être inclus·es dans les décisions fondamentales du XXIe siècle.